• Sonia

Halloween : la frousse sur nos frimousses !

Mis à jour : févr. 29


Halloween : La frousse sur nos frimousses !

Bientôt l'Halloween... Parlons de frousse, de pétoche, de trouille, de frayeur !!!


Chaque enfant est différent d'un autre, il peut aussi être plus craintif qu'un autre.


L'Halloween, fête d'origine païenne débutant sur notre continent, s'est énormément développée depuis les années 90 en France. D'abord chez les adolescents et maintenant chez les petits, cette fête prend de plus en plus d'essors chez nous.



Comment aider nos petits à gérer ce moment ?


Je crois important de rappeler les différents stades des peurs chez l'enfant.

  • à environ 8 mois, peur des étrangers et de l'abandon

  • vers 1 an, peur des bruits comme le klaxon, l'aspirateur ...

  • autour de 18 mois, la peur du noir, de la noirceur, se présente

  • sur les 2ans 1/2, 3 ans, L'imagination de l'enfant est telle que les bêtes telles que le loup, rencontrées dans les histoires se matérialisent presque et le porte manteau dans l'entrée sombre devient une sorcière... certaines craintes phobiques peuvent aussi apparaître à cet âge (chien, araignée, ...)

  • à l'approche des 4 à 5 ans, les peurs sont en lien avec des situations particulières : médecin, voleur, kidnappeur, guerre ... L'enfant a aussi des frayeurs proches de celles des adultes comme la prise de parole en public, ...


Il est possible qu'un événement récent rende votre enfant plus enclin à avoir peur... Vous a-t-il entendu vous disputer, avez-vous déménagé, y a-t-il eu un décès, un changement de mode de garde, ... ?

Les enfants sont sensibles à tous changements et ce peut être l'élément déclenchant ou accentuant des peurs.


Alors qu'adultes, nous aimons parfois nous faire peur en regardant un film a fort suspens, en sautant à l'élastique ou en ne mettant pas d'argent dans l'horodateur, le tout petit, lui ne cherche pas à se faire peur.

Il a peur.


Affronter ses peurs est une étape importante du développement de l'enfant. Dans ses expérimentations du monde qui l'entoure, il apprend ce qui est anodin et ce qui est dangereux.

Alors qu'il découvre par lui-même, il a toujours besoin du regard, de l'accompagnement, du soutien d'un parent.


  1. " Oh, arrête maintenant, tu es vraiment un trouillard ! "

  2. " Pff, n'importe quoi, c'est bête d'avoir peur. "

  3. " Lâche-moi maintenant sinon tu vas au coin. "


Se moquer de son enfant, dénigrer ses peurs, le disputer pour son comportement sera infructueux et pourra même lui causer du tort. En effet, si l'enfant n'apprivoise pas, ne surmonte pas ses peurs, il reste bloqué dans son développement. Pis encore, vous ne reconnaissez pas ses émotions, vous niez son ou ses besoins, l'enfant va se construire sur des fondations douteuses et son équilibre risque fort d'en pâtir.


La peur fait partie des émotions, elle doit être prise en compte au même titre que les autres. Cette émotion est aussi importante que les autres, au cours de l'évolution, elle a même permis à l'Homme de rester en vie !


Sans le surprotéger, reconnaissez simplement sa peur. Même si elle vous paraît sans fondement.

Votre petit ressent vraiment la peur.

Pour lui c'est une réalité qu'il est en train de vivre psychologiquement, émotionnellement, physiquement.


Peut importe notre âge, lorsque nous avons peur, nous avons besoin d'être rassuré et il en va de même pour nos petits.


Alors, pour rassurer nos enfants et nous assurer de leur apporter le meilleur, apprenons à repérer les signes de la peur chez nos enfants.

  • il se cache,

  • il ferme les yeux,

  • l'expression de son visage change considérablement,

  • il se tétanise,

  • il part en courant,

  • il ne veut plus vous lâcher,

Que sais-je encore... Comment réagit votre petit ?



Dites-lui ce que vous voyez de lui et ce que vous imaginez à cet instant. Dites-lui que vous voyez, entendez ou sentez qu'il a peur.


A ce moment vous reconnaissez son émotion.


Permettez-lui ensuite de poser des mots sur cette émotion, autorisez-le à dire sa frayeur. A décrire son ressenti, les sensations du corps, se qu'il se dit ou imagine.

Parler avec votre enfant de cette peur lui permettra d'apprendre, au fur et à mesure, à gérer ses émotions.



Puisque le petit enfant est beaucoup dans l'imaginaire, permettez lui d'utiliser sa créativité pour chasser le voleur, le loup ou autre. Donnez lui une phrase magique, une épée en plastique, autorisez le à crier si l'objet de sa frayeur se présente à son imaginaire. Ceci peut lui permettre de reprendre un peu de pouvoir, de contrôle sur la situation angoissante.



Vous pouvez aussi, lui parler de vos propres peurs avec des mots simples. " Depuis que je suis petit, j'ai peur des araignées. Elles ont des pattes poilues comme tonton et leur toile colle aux doigts ! En plus, ... blablabla ... Et quand j'en vois une ... blablabla ..., ça me fait me sentir ... blablabla ... Alors je ... blablabla ... Et aujourd'hui je suis grand et je sais que l'araignée reste dans son coin et mange seulement les insectes qui se prennent dans sa toile. C'est un peu ma copine maintenant parce qu'elle adore manger les moustiques ..."



A chaque âge, vous pouvez aider votre enfant par des jeux, dessins, histoires.

Celui du coucou-caché pour le tout petit et l'angoisse de séparation, ...

Un dessin représentant l'objet de la peur de l'enfant plus grand, qu'il peut ensuite déchirer, froisser, jeter, ...

Et des histoires, peut importe l'âge de votre petit.


Je pense à une revue dont le titre était récemment " Loupiot la pétoche " (mes premières belles histoires) ou encore " Tu ne dors pas petit ours ? "


Même si pour les plus grands (Grimm, Perrault, Andersen et ceux de notre époque), il y a des méchants dans les histoires, le héros triomphe toujours. L'enfant s'identifie alors jour après jour à ce héros jusqu'à ce qu'il ait apprivoisé sa peur. Et oui, lire et relire inlassablement la même histoire à son enfant, à sa demande, a du sens !


Pour l'aider, insistez aussi sur ses forces et ses réussites, même petites ! Cela lui permettra aussi d'exister pour vous autrement qu'en ayant peur j'entends par là que pour attirer votre attention, il existe d'autres façons que de montrer, d'éprouver de la peur.


En ce qui concerne l'Halloween, à vous, parents de faire les meilleurs choix pour vos enfants. Il n'y a aucune obligation de participer ni même de se déguiser.

Lorsque vous avez un petit bout à la maison, évitez peut-être de vous présenter en abominable femme décharnée ou en vampire assoiffé de sang même si vous jouez votre rôle parfaitement. Votre enfant, lui, ne sait pas ce dont il s'agit et ne comprends pas ce changement. Même en lui expliquant et malgré toute la confiance qu'il peut avoir en vous, vous n'empêcherez pas sa peur dans ces conditions.


Il me vient cette image, vue sur les réseaux sociaux où le simple fait qu'un père rase sa barbe de plusieurs semaines effraie son tout petit qui ne le reconnait plus. Si la peur est possible avec la simple disparition d'une barbe, imaginez un peu ce que peuvent faire ces déguisements ensanglantés que vous projetez de porter.


Prenez donc soins de vos enfants, respectez leur sensibilité et acceptez de vous déguiser en fleur cette année !

Lorsqu'ils seront un peu plus grands, vous aurez plaisir à vous faire peur mutuellement.



Si la peur devient invalidante, empêche l'enfant de créer du lien, de jouer, de dormir, si elle devient handicapante, accompagnez votre enfant dans la résolution de cet état en consultant votre médecin traitant et en lui demandant vers quel praticien vous diriger. N'attendez-pas, agissez !


Belle journée à vous,


Jolie Halloween, pour ceux qui la feront !



Sonia Berthon.