• Sonia

Je m'alimente en pleine conscience.

Mis à jour : févr. 29



Peut importe ce que je mange, je prends l'habitude de le faire en pleine conscience !

Le comportement alimentaire des êtres humains a été plutôt stable pendant des millénaires. Aujourd'hui, la profusion de nourriture disponible dans l'instant provoque des apports supérieurs à nos dépenses physiques. Nous avons des difficultés à nous adapter à ce nouvel environnement et, en stockant l'énergie sous forme de graisse, nous voici dans une société ou l'obésité devient épidémique.


Nous sommes en lutte perpétuelle avec notre organisme. Nutrition, diététique et plus encore sont nécessaire au bon fonctionnement de notre comportement alimentaire.


Naturellement, il existe un phénomène de faim constituant un signal qui nous incite à nous nourrir. Puis, en nous nourrissant, le phénomène de satiété se fait sentir. C'est à dire que le cerveau a reçu les informations envoyées par le corps: estomac, pancréas, cavité buccale, intestin, hypothalamus... Ce qui nous incite alors à stopper l'apport en nutriments.

S'en suit un état de non-faim qui persiste normalement plusieurs heures après le repas. La faim ne se déclare donc pas pendant un certain nombre d'heures et même si des aliments sont à portée de main, le signal de faim n'est pas requis pour leur consommation!


De nombreux facteurs perturbent ce mécanisme de faim et de rassasiement comme:

  • la grande diversité d'aliments facilement disponibles,

  • les distractions comme les écrans qui perturbent nos mécanismes physiologiques

  • l'ennui

  • le besoin de se consoler

  • les contraintes sociales

  • le stress

  • etc ...


Ces facteurs nous font oublier, négliger les signaux du corps. Par exemple, si nous nous sentons repu et que quelqu'un met devant nous un aliment nouveau en texture et / ou en goût (par rapport à notre repas), nous sentirons la salive envahir notre bouche et très certainement l'envie d'y goûter se précisera.


Besoin et plaisir...

Le besoin de manger est différent du plaisir de manger.

Lorsque la faim se présente, c'est le besoin de manger qui doit être satisfait. Il n'est aucunement besoin de plaisir dans l'action de se nourrir. Il s'agit d'une nécessité au bon fonctionnement du corps.

La simple présence d'un aliment peut déclencher sa consommation même si la faim n'est pas présente, même si le plaisir lié à sa consommation n'est ni attendu, ni ressenti.

Le plaisir de manger n'est pas nécessaire même s'il module le désir d'un aliment.


Besoin et présence...

La distraction (écrans, musique, ...) augmente la consommation d'aliments au cours d'un repas. Et même s'il vaut mieux manger accompagné que devant la télé, il a été démontré que plus nous sommes nombreux à table, plus nous consommons d'aliments comme si voir les autres manger nous incitait à manger nous-même.

Selon Suzanne Higgs (université de Birmingham, 2013), les effets de ces distractions dureraient sur le reste de la journée et influenceraient les repas suivants.

Donc pour que les mécanismes inconscients puissent faire leur travail convenablement, il est important de porter attention à ce que nous mangeons ainsi qu'à la façon dont nous mangeons.


Besoin et activité...

La sédentarité imposée provoque elle aussi une surconsommation. Qui dit sédentarité dit baisse des dépenses énergétiques et prise de poids rapide avec ralentissement des activités demandant de l’énergie: un cercle vicieux. Ce qui est paradoxal, c'est que pour entretenir le système nerveux autonome qui fait passer les informations entre corps et cerveau, il faut... je vous le donne en mille... faire de l'exercice physique!

Selon Matthew Schubert (université de Griffith en Australie), l'activité physique pioche de préférence dans les tissus adipeux sans qu'il y ait de compensation énergétique au cours du repas suivant, ni même dans les 24 heures suivant la dépense énergétique (sauf pour les sportifs "secs"). C'est pourquoi l'on vous conseille vivement de reprendre une activité physique.



Je vous propose alors de prendre conscience de ces phénomènes physiques, dont j'espère moi-même être consciente à présent.



Je vous invite a manger en conscience.



Manger en conscience permet à notre esprit de fonctionner différemment, de voir les choses sous un angle différent ou plutôt sous plusieurs angles.

Pour ce petit exercice, je vous propose de choisir 1 de vos 3 prochains repas pour vous exercer :


1. Je peux commencer simplement en étant conscient-e de la présence de mon corps puisque c'est lui qui a besoin d'énergie et donc d'être nourri. Pour cela je peux pratiquer debout 3 tensions/détentes pour reprendre contact avec lui, reconnaître son existence dans les sensations de ce corps. Je peux pratiquer quelques respirations abdominales après m'être assis-e puis reprendre ma respiration naturelle. J'observe les sensations de mon corps... Ai-je besoin de m'étirer? De boire? Comment je perçoit la présence, le poids de mon corps? Comment est-ce que je me sens à cet instant? fatigué-e? Joyeux-se?...


2. J'observe simplement et avec bienveillance ce qu'il se passe à l'intérieur de moi. Fermer les yeux peut m'aider a être plus en lien avec moi-même si je le souhaite.

  • Ai-je vraiment faim et à quel point?

  • D'où vient cette faim, est-elle physiologique pour le bon fonctionnement de mon corps? en rapport avec mon état émotionnel? ou une réponse à un besoin de plaisir?

  • Que se passe-t-il en moi lorsque j'ai faim en terme de sensations, pensées, comportement?


3. J'observe maintenant ce qui est devant moi, dans mon assiette.

  • Je vois des formes, des couleurs, des textures.

  • Je sens les parfums qui se dégagent de mon assiette. Je prends le temps.

  • Je me demande si j'ai envie de ces aliments et lequel me fait le plus envie.

  • Je me rends compte de la présence de ma salive dans ma bouche et de sa quantité qui augmente.

  • Lorsque je goûte à ces aliments, je prends le temps de les savourer et je les mâche longuement.

  • Je m'amuse à décrire leurs goûts, comme si c'était la première fois que je les goûtais ou comme pour les décrire à quelqu'un d'autre.


4. Je prends le temps de déguster mes aliments. Je laisse ce qui me déplais, ce qui est de trop, ce qui ne me dit plus... Je prends le temps d'écouter mon corps qui me dit qu'il a assez. En effet, les premières bouchées sont souvent les meilleurs, plus mon plaisir se prolonge, moins il est fort. Je respecte mon corps en écoutant ce signal.


Oui, vous pouvez laisser le trop dans votre assiette! Même si vous avez toujours entendu "finis ton assiette" et que, probablement, vous le dites vous aussi à vos enfants.


Que peut-il bien se passer de si grave si vous ne terminez pas votre assiette???

Oui, il fut un temps où la nourriture manquait... et ce n'est pas le votre. Il s'agit ici d'une méconnaissance face au besoin de l'autre avec des injonctions telles que "ne sois pas toi", "ne ressens pas", "n'ai pas de besoins", "ne te fais pas confiance" et des messages contraignants tels que "sois fort", "fais plaisir", "fais effort". (bientôt des liens vers ces concepts de l'Analyse Transactionnelle).

Quel est l'intérêt de cette intervention "finis ton assiette!" et comment l'adulte se différencie-t-il de l'enfant dans cette situation?


Je peux prendre quelques instants dans ma journée pour me tourner vers moi.

Le reste du temps je me tourne assez vers les autres et ce que j'ai à faire.



Cet exercice n'est pas si simple, laissez-vous le temps et la possibilité de recommencer!


Vous pouvez aller plus loin dans vos réflexions en vous posant question sur votre façon de consommer, de faire les courses, de cuisiner, d'accommoder, de jeter... Et comment tout ceci parle de vous? Dévorez vous la vie, faites vous constamment attention, calculez-vous toujours tout?...


Prenez du temps pour vous dans la journée.


Bon appétit !





Sonia Berthon

Psychopraticienne

Sophrologue