• Sonia

La douleur



" Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille."


Charles Baudelaire.





- " C'est bon, ça va t'as pas mal ! "


- " C'est rien, c'est qu'un petit bobo de rien du tout. "


- " T'as besoin de pleurer pour si peu ? "


- " Arrête de te plaindre ! "


- " C'est dans ta tête. "


- " C'est normal. "


- " Oh, ça va passer... "


Mais tu es qui toi pour nier et vouloir me faire nier cette douleur que je ressens à cet instant continuellement ?

Tu es qui pour me dire qu'il est interdit de ressentir la douleur, de parler de ma douleur, de ma souffrance ?


Quand j'exprime ma douleur, j'attends de toi de l'écoute et j'attends peut-être aussi du réconfort.

Me sentir écouté me permet de me sentir mieux, entouré, peut-être même compris et déjà c'est comme si à l'intérieur de moi il y avait un soulagement.


Ce n'est pas une honte d'avoir mal. C'est tout un tas d'autres choses.


Comment peux-tu ne pas (vouloir) entendre ce qui est important pour moi, ce qui me touche au plus profond...

Cette douleur que je vis à travers mon corps et mes émotions ?

Cette douleur qui m'empêche, qui me cloue, qui me mine.


Tu es peut-être ma mère, mon père, mon prof, mon ami, mon médecin... tu es peut-être aussi cette partie de moi qui cherche à faire taire ce qui dérange, ce qui met mal à l'aise, ce qui est inopportun, ce qui ne se montre pas en public, ce qui se vit en silence, ce qui ne se dit pas parce que c'est comme ça, par peur de ne pas être écouté, par peur d'être jugé.



L'Association Internationale de la Douleur la défini comme telle : la douleur est "une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable liée à une lésion tissulaire existante ou potentielle, ou décrite en termes évoquant une telle lésion".


Selon Rtbf (Radio Télévision Belge Francophone), en 2019, "12 millions de français sont insatisfaits de leur prise en charge douloureuse".


A ce jour, l'enseignement spécifique lié à la prise en charge de la douleur représente seulement 20h sur la durée totale du cursus de médecine.

Pour l'hiver 2020, l'université de Montréal crée un programme en gestion de la douleur chronique se déroulant sur un an temps plein (ou deux en mi temps) avec des stages pratiques en clinique de la douleur.

La douleur chronique concerne plus de 20% de la population européenne


Selon SWI (suissinfo.ch) : « En suisse, 19 % des personnes souffrant de douleurs sont diagnostiquées dépressives ».

Selon l'Association Francophone pour Vaincre les Douleurs : "On ne s’habitue pas à la douleur, on développe une tolérance".



La douleur peut être difficile à décrire, et il n'y a parfois pas de remèdes efficaces contre certains maux. En fonction de notre identité, de notre âge, de notre milieu social, de nos croyances, de notre éducation, nous vivons et exprimons la douleur différemment.


La douleur est invisible.


Dans la douleur aigüe, le corps se manifeste comme une alerte d'un dysfonctionnement, comme une alarme, je mets la main sur le plat bouillant, j'ai mal, je retire ma main.

La prise en charge de la douleur aiguë se fait plutôt bien actuellement.


La douleur est dite chronique à partir du moment ou elle dure plus de 3 mois (... ou 6 selon le pays). Dans ce cas, c'est l organisme qui entretien la douleur. Vous évitez alors de bouger pour éviter les sensations douloureuses. Pourtant, la souffrance et le fait de moins bouger vous rapproche petit à petit de la dépression.

Pour lutter contre la dépression, Bougez ! Car le mouvement permet de casser le dérèglement de réception des messages qui arrivent au niveau cérébral.


La douleur chronique est une douleur persistante à laquelle les traitements actuels (satisfaisant dans le traitement de la douleur aiguë) montrent des effets insuffisants.



La Lettre n°13, l'infirmière et la douleur (destinée aux professionnels de santé). Dans ce document, Pascale De Bonville, infirmière au CHU d'Amiens parle de son expérience pendant des séances de consultation de la douleur en ces termes :

" La douleur chronique, installée depuis longtemps est constante, répétitive, elle freine les activités de la vie quotidienne et les loisirs, pousse l’individu à consommer des médicaments d’une manière excessive et prolongée et en même temps augmente l’anxiété, l’agressivité, le repli sur soi. La douleur chronique conduit à la dépression ; elle va renforcer et entretenir certains comportements, attitudes, croyances qui vont altérer la vie intime, personnelle, familiale, sociale et professionnelle de la personne. Dans ce contexte, on comprend pourquoi les consultations et Centres de la Douleur préconisent différentes stratégies médicamenteuses et non médicamenteuses d’une manière concomitante et les proposent au patient".



Alors que faire de cette douleur ?



" Ma Douleur, donne-moi la main; Viens par ici,


Loin d'eux. [...] "


Charles Baudelaire.



Au lieu de la cacher et de la supporter en silence, autorisez vous à en parler, et même avec le plus de détail possible. Cette douleur est-elle diffuse ou localisée, en surface ou profonde, intense, Lancinante, brusque, sourde, piquante, pointue, brûlante, etc.


Car reconnaître son existence et la gène qu'elle procure permet déjà de la soulager.


Chacun est unique et chacun vit sa douleur différemment. Être à l'écoute de celui qui est douloureux, croire en la sincérité de celui qui l'exprime. C'est lui permettre de poser des mots sur cette douleur: son intensité, sa taille, sa forme, ses mécanismes, ses conséquences directes et indirectes, sa dimension physique, psychologique et émotionnelle.


C'est l'aider à percevoir les moments ou elle est plus aigüe ou plus sourde, lorsqu'elle change, lorsque l'émotion associée change, si elle est vécue comme une difficulté ou comme un handicap...


C'est prendre le temps de considérer celui qui l'exprime dans toute sa complexité et sa globalité, dans toute sa fragilité et aussi sa force.


Ensuite, c'est comprendre comment elle est, comment elle existe et évolue dans le temps, sur un temps donné ou en relation avec des changements, des événements, des actions.


La douleur est individuelle, subjective et subtile, invisible aux yeux des autres. Seul chacun est en capacité de ressentir sa propre douleur.

Elle touche le corps, les tissus.

Qu'elle soit physique ou psychique, elle est perçue comme agressive, désagréable, pénible, voire inquiétante.

La douleur est une réalité vécue dans la chair ainsi que les émotions, la pensée et même la spiritualité.


La douleur peut aussi être souffrance en touchant chaque pan de la vie d'une personne: son comportement, sa vie familiale, sa fatigabilité, ses relations sociales, sa psychologie, sa mémoire, son sommeil, ses études, son milieu professionnel, ... Elle perturbe la confiance en soi, la réalisation de projet, le bien-être général, les choix de vie aussi.


La douleur est un langage.

Parfois elle est une possibilité d'appartenance, une façon d'être vu, d'être évité, légitimé, considéré, ...


Soulager la douleur, c'est aussi prendre en compte la façon dont elle existe pour soi, quel sens elle a, comment on vit avec ou comment on fait en sorte de l'oublier, ...


Sachant que l'anxiété et la dépression augmente le ressentit de la douleur, il est important d'accéder à un accompagnement global. Sinon nous entrons dans un cercle vicieux: la douleur amène la dépression et la dépression accentue la douleur etc.



Dans les douleurs chroniques, le traitement médicamenteux n'est pas suffisant et l'on peut se tourner vers d'autres pratiques (kiné, sophrologie, hypnose, prise en charge psychologique) pour obtenir une prise en charge globale.




La personne vit sa douleur 24h/24 de façon physique, psychologique, sociale, familiale, culturelle ...

La douleur chronique s'étale sur plusieurs années et a des retentissements sur chaque partie de la vie de la personne en souffrance.

La chronicité induit anxiété, troubles du sommeil, altération de la qualité de la vie, dépression, changements d'humeur, diminution des capacités fonctionnelles, retentissant sur la vie quotidienne et relationnelle, etc.


Dans les techniques non médicales qui complètent l'action des médicaments en améliorant le bien-être physique et moral, vous trouverez la Sophrologie et l'Hypnose. Toutes deux font partie des Méthodes Alternatives et Complémentaires.



En tant que sophrologue et praticienne en hypnose, il m'est primordial de vous accompagner à mettre des mots sur votre douleur, votre souffrance. Un travail individuel et personnalisé dans l'apprentissage de la gestion de la douleur et de la peur de cette douleur se fait en douceur avec l'une et l'autres de ces techniques qui permettent d'appréhender différemment la douleur.


Sur le site France Assos Santé, le docteur Maillard précise que les approches physiques (kiné, yoga, qi gong, ..) et psycho-corporelles (hypnose, méditation, psychologie, ...) sont des outils permettant de soulager la douleur, de même, travailler sur la colère et le sentiment d'injustice "est un aspect important pour le patient".



Peu importe son origine et son évolution dans le temps, chacun a le droit de s'exprimer à ce sujet, le droit d'être entendu dans sa souffrance, le droit de ressentir, le droit de trouver des solutions pour être soulagé, etc.

L'objectif étant, grâce à ces techniques psycho-corporelles, de vous rendre la douleur plus supportable au quotidien afin qu'elle affecte le moins possible votre qualité de vie.


De mieux en mieux reconnues dans le traitement de la douleur, les techniques psycho-corporelles ont toutes leur place. Elle peuvent aider dans les effets secondaires des traitements et dans la diminution du traitement par antalgiques. Elles permettent de soulager les maux du corps, de mieux contrôler les douleurs, d'avoir des temps de répit, de repos pendant lesquels les forces se ressourcent. Elles permettent de se détendre physiquement et mentalement.


Lorsque la personne cesse de lutter contre sa ou ses douleurs, elle peut commencer à vivre avec et son ressenti douloureux diminue.


Cela lui permet de mieux gérer la douleur, de mieux gérer les médicaments, de faire plus ou mieux avec la même douleur.



Imaginez comment serait votre vie si vous faisiez diminuer ou taire ces douleurs.

Imaginez maintenant que cela soit possible.

Qu'est-ce que cette idée évoque en vous ?



J'ai reçu, en 2019, une personne atteinte de sclérose en plaque. Celle-ci sentait une de ses jambe extrêmement douloureuse lorsqu'elle avait fait preuve d'une activité un peu plus soutenue les heures ou les jours précédents.

Lors d'une de nos rencontres, elle décrivait cette douleur comme une brûlure à l'intérieur et tout le long de sa jambe.

Pour lui permettre de gérer la douleur, quelques exercices de respiration, l'apprentissage de la relaxation et de la visualisation furent nécessaires.

Une visualisation en particulier a été vraiment bénéfique pour cette personne. Il s'agissait pour moi de l'aider à imaginer, de toutes les façons possibles (visuelle, auditive et kinesthésique), que de l'eau fraîche coulait le long et à l'intérieur de sa jambe.

Cet exercice, grâce aux apprentissages précédents, fut concluant.

La personne ressenti vraiment le soulagement des sensations de brûlure et pu s'entraîner seule à faire diminuer sa douleur aux moments opportuns.

Les techniques sophrologiques sont de bons outils dans le soulagement de la douleur.





Pour un peu de lecture :

"Tu comprendras ta douleur" de Martin Winckler et Alain Gahagnon.




Sonia Berthon


Sophrologue

Psychopraticienne

Praticienne en Hypnose











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